Planète CE

L’hommage du CSE d’Atos à la santé

Par Aude Aboucaya.
Nous avions effleuré le sujet dans la rubrique Paroles d’élus de notre édition de mai-juin. On vous donne donc ici les détails de cette initiative de CSE si remarquable qu’elle a en outre mobilisé l’intérêt du top management de l’entreprise. De fait, la fabrication bénévole de visières de protection à destination des soignants a été rondement menée par deux salariés du CSE d’Atos-Bull Technologies. Le point sur cette action vertueuse qui se poursuit post-déconfinement, avec Jean-François Touzan, élu au CSE d’Atos…

Quand le CSE d’Atos-Bull a mis en placeil y a quelques mois sa nouvelle activité impression 3D « afin d’attirer une population plus jeune au sein de ses ateliers », il était loin de se douter de la tournure solidaire qu’elle prendrait…

Petite contribution, grand projet

« Initié par mon prédécesseur Sylvain Raulet, l’atelier impression 3D a été mis sur pied pour la fabrication de pièces servant à la réparation de poignées de portes, de pièces plastiques d’électro-ménager, à la création de plaques nominatives sur des portes de bureaux. Nous avons même bâti un personnage Lego de 45 cm de haut… », fait état Jean-François Touzan. L’élu se rappelle que le CSE planchait sur une stratégie de diversification d’activités pour réduire le clivage entre les générations de salariés. L’investissement du CSE dans l’atelier impression 3D a consisté à l’achat d’une imprimante à hauteur de 850 € et de consommables ; à savoir du PLA (Polylactic acid, comprenez « acide polylactique », une matière plastique d’origine végétale) peu onéreux. Une matière qui allait permettre de rendre un grand service au personnel soignant des environs. « Quand l’épidémie de Covid-19 a sévi, deux jeunes salariés d’Atos aux Clayes-sous-Bois, Rémy Druyer et Thomas Lallier ont proposé de réaliser bénévolement des visières de protection. Ces deux collaborateurs de l’entreprise font partie de ceux qui n’étaient pas en télétravail et travaillaient au quotidien sur site ; ils avaient donc aussi accès à l’atelier », explique Jean-François Touzan.

Des bonnes volontés

Le CSE est évidemment intervenu sur le volet logistique. « Début mars, nous avons géré le projet par téléphone car, pour ma part, je n’étais pas sur place. Quand Rémy et Thomas m’ont contacté pour me faire part de leur projet, il a fallu réévaluer l’environnement de l’activité ». Avant la pandémie, cette dernière se déroulait dans les locaux du CSE. Mais sécurité oblige, ils ont ensuite été fermés. L’élu a donc demandé l’autorisation du responsable sécurité du centre Atos pour délocaliser l’atelier dans un bureau désaffecté et proche de la zone de travail des deux collaborateurs. Les lieux ont été désinfectés, les consignes de sécurité observées de près et la fabrication a pu voir le jour. « Rémy et Thomas ont dû surmonter quelques difficultés car ils passaient d’une fabrication unitaire avec un matériel adapté au loisir à une fabrication en série. En outre, les références du matériel exploité n’étaient pas toujours les mêmes ; ce qui pouvait parfois leur compliquer la tâche », détaille Jean-François Touzan. Notamment le fil en bobine introduit et fondu dans la buse (tête d’impression, NDLR) pour générer des couches successives requiert un ajustement du paramétrage de la machine. Néanmoins, l’avantage de cette production qui nécessite un certain temps pouvait être mise en branle le matin et se poursuivre toute seule, notamment la nuit. « Une caméra connectée a été installée pour vérifier le travail à distance, totalement compatible avec leur activité professionnelle. Rémy et Thomas se rendaient juste au local pour effectuer le changement de pièces ».

Le résultat de tous ces efforts ? Début mai, la fabrication d’une centaine de visières étaient distribuées au moyen d’une plateforme enregistrant 250 personnes connectées et appartenant à un réseau local d’hôpitaux, d’Ehpad basées dans les Yvelines (dont l’Ehpad Korian Les Saules à Guyancourt), non loin du site Atos. Les salariés dont les conjoints officient dans le milieu de la santé ont également pu bénéficier de cette production « maison »…

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