Planète CE

Conforama : Un SOS qui aboutit au sauvetage

« Quoi qu’il en coûte, aucune entreprise ne sera livrée à la faillite », avait assuré Emmanuel Macron à la veille du confinement. Par le truchement de Mohamed Chadli, responsable de rayon meubles chez Conforama et délégué syndical, la CFE-CGC des cadres de Conforama a fait un appel du pied à l’État pour éviter le pire à l’enseigne. 
Par Aude Aboucaya.

Fin juin, sur son compte LinkedIn, Mohamed Chadli a publié le courrier de réponse du chef de cabinet du président de la République, François-Xavier Lauch (devenu début juillet, le chef de cabinet adjoint de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, NDLR). Au fil des semaines et des mois, Mohamed Chadli a tenu son réseau informé des vicissitudes de Conforama jusqu’à l’issue positive.

L’enseigne (9 000 salariés en France, 20 000 emplois chez les fournisseurs et fabricants), a interpelé les pouvoirs publics via le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) pour obtenir un prêt garanti par l’État (PGE) destiné aux entreprises malmenées par la crise sanitaire. Une réunion était prévue le 15 mai avec les dirigeants de Conforama, le Ciri, les assureurs et les banques pour finaliser l’octroi du prêt. « Nous avons été choqués d’apprendre que BNP Paribas a boycotté cette réunion sans fournir aucune explication », a rapporté la CFE-CGC qui a demandé aux ministères des Finances et du Travail de faire respecter les vœux d’Emmanuel Macron. L’occasion pour la fédération CGT du commerce et des services de rappeler que Conforama, « affaiblie depuis 2017 par des difficultés financières de sa maison mère, le Sud-Africain Steinhoff », a établi un PSE homologué ne pouvant être financé si le prêt est refusé.

Sortie de crise

Lors du CSE du 23 juin, un calendrier a été présenté aux syndicats. Le compte à rebours est enclenché quant à la signature du contrat de cession entre Conforama et Mobilux, maison-mère de But. Force Ouvrière, 2e syndicat après la CGT, écrivait dans un communiqué qu’ « un apport très rapide de liquidités permettra à l’enseigne d’apurer son passif, de poursuivre sa relance et de rassurer les fournisseurs ». Deux jours plus tard, Mohamed Chadli indiquait à son réseau LinkedIn qu’« une présentation du rapport d’expert sur le projet de cession a eu lieu lors d’un CSEC ce matin. L’expert a souligné la solidité du projet Mobilux et sa conformité avec les attentes des salariés Conforama. L’autorité de la concurrence a été informée dans le cadre des règles anti-trust. Et le projet de concentration fera l’objet d’une information au CSEC courant juillet. Cependant les 2 directions ont confiance dans la réponse attendue ». Puis, fin juin, le délégué syndical a fait une synthèse de sa réunion avec Bercy dans les locaux du ministère de l’Économie, en présence d’un représentant FO, CGT et M. Guigner, DRH groupe. Les négociations avec Mobilux se sont accélérées : le groupe reprendrait Conforama France avec l’ensemble des magasins sauf ceux en projet de fermeture ainsi que la dette financière, à savoir les fournisseurs et le PSE sur lequel l’État requiert le financement de l’accord. Le 7 juillet, l’accord était signé et une semaine plus tard, le plan de rachat, encore en attente de validation par les autorités de la concurrence, prévoyait le maintien des deux marques, de leurs stratégies et organisations distinctes. Voilà une histoire qui se finit plutôt bien…

Photo © Martin Abegglen-Flickr.

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